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Interview
| Interview de Jérôme Maufras, par Frédéric Bavinckhove, webmaster du site Echecs Plus Le jeudi 13 janvier 2005. Bonjour Mr Jérôme MAUFRAS, Vous êtes l'auteur d'un Que Sais-Je ? sur les échecs paru le 10 janvier 2005 aux Presses Universitaires de France. Pourriez-vous nous parler de votre parcours journalistique et échiquéen ? Mon parcours journalistique a été assez atypique : j’ai travaillé pour Europe et Liberté, le magazine de la citoyenneté européenne et pour Rock’n Folk. J’ai aussi collaboré à la Marne et au Nouvel Observateur de façon ponctuelle. Actuellement, je suis chroniqueur (et en retard chronique !) sur www.lepalamede.com, un site d’actualités échiquéennes. Mais c’est surtout dans l’édition que j’ai fait mes premières armes : j’ai notamment travaillé pour les Presses Universitaires de France (corrections, réécriture, traductions). C’est donc naturellement vers cet éditeur que je me suis tourné pour mon premier livre sur les échecs. Mon parcours échiquéen a débuté bien plus tôt puisque j’ai commencé à jouer dans le club de mon collège. C’est après une partie en simultanée contre Olivier Renet où je n’avais pas démérité qu’Olivier Tridon m’a proposé de rejoindre son club. Comme nous voulions faire les choses à notre idée, nous avons franchi le pas en créant notre propre club : l’Echiquier Chellois. Depuis, nous sommes montés de NV en NIV, puis en NIII. A titre personnel, j’ai suivi la progression du club en passant de 1760 Elo en 1995 à 2100 en 2003. Quel est le but de ce Que Sais-je ? Les deux précédentes éditions du Que Sais-Je ? sur les échecs n’avaient obtenu qu’un succès d’estime. Les Presses Universitaires de France ne désiraient d’ailleurs pas publier d’autres édition, sauf si l’ouvrage s’adressait à tous les publics, aussi bien l’amateur qui ne joue pas en club, que le fort joueur. Nous avions d’ailleurs la même analyse : rien ne servait de publier un énième manuel d’échecs dont le fort joueur n’aurait que faire, rien ne servait non plus de publier un ouvrage d’histoire des échecs trop pointu et qui découragerait les novices. Donc, il s’agissait dès le départ de proposer un ouvrage de synthèse compact, abordant tous les thèmes liés aux échecs. Je crois que n’importe qui peut y trouver matière à apprendre et à se divertir, même quelqu’un qui ne saurait pas jouer ! Ce livre est composé de 3 grands chapitres : - Histoire du jeu, histoire du monde - Le monde des échecs - Les échecs, un jeu-monde Le premier chapitre décrit l’histoire des échecs et des Champions d’échecs de façon synthétique et agréable, tout en gardant les anecdotes et les légendes les plus croustillantes. Il est à conseiller à tout joueur pour parfaire sa culture. Le second démontre la force de Fédération Française, de la FIDE, et décrit au néophyte l’environnement qui l’attend en passant la porte d’un club. Il explique de façon originale la règle du jeu d’échecs via une partie historique. Le troisième nous montre que les échecs sont un modèle pour l’homme, la société. Que les arts et les médias se servent de nombreuses facettes du jeu d’échecs. Pensez-vous que cet ouvrage doit être mis entre toutes les mains ? Sans hésitation, OUI !!! Vous savez, c’est un exercice périlleux de vouloir aborder tous les aspects du jeu en 127 pages. Il faut trouver un équilibre difficile entre précision et concision. J’ai essayé d’être le plus clair possible, au détriment peut-être parfois de l’exactitude (notamment en ce qui concerne le règlement que je pratique à grand peine !). Ce qui comptait avant tout, c’était d’offrir aux lecteurs un ouvrage de base qui ne soit pas un ouvrage basique. Pour résumer ma pensée : non seulement je pense que ce livre doit être mis entre toutes les mains, mais encore je l’ai conçu pour que chaque lecteur puisse le prêter à son entourage en disant : « Tu en as pour 2 ou 3 heures de lecture. Lis-le et tu comprendras pourquoi je me passionne pour ce jeu ». J’aimerais que ce livre aide les joueurs à être fier de leur passion et à la partager. Ne pensez-vous pas faire peur au joueur d’échecs potentiel qui va lire ce livre en insistant sur la folie de plusieurs grands Champions ? Non. Je vais vous expliquer pourquoi. La folie est un aspect qu’on ne peut éluder et je n’ai pas voulu éviter le sujet pour rendre les échecs socialement mieux acceptables. Les grands joueurs sont des virtuoses et les virtuoses présentent souvent des pathologies psychologiques. Le paradoxe, c’est qu’ils ne peuvent les soigner sans perdre de ce qui fait leur talent. Mon point de vue a donc surtout été de recenser et justement de ramener à leurs justes proportions les accusations faites à l’encontre du jeu : ce ne sont jamais que quelques cas graves sur 200 ans de pratique du jeu qui sont recensés. Et puis Nerval a passé le plus clair de son temps à l’asile et les écoliers étudient ses oeuvres sans que personne ne s’en offusque. Alors, pourquoi ne pas rappeler que quelques grands joueurs d’échecs furent « fous » ? A mon sens, c’est à force de faire des mystères autour de ce sujet « honteux » que le jeu d’échecs s’est coupé du grand public. Et ce livre, vous l’aurez compris, cherche avant tout à renouer le lien entre les échecs et le grand public. Votre livre est un formidable recueil de titres (avec petit résumé !) de romans, de références cinématographiques concernant le jeu d’échecs. Il est à la fois un mémento historique actualisé (même le dernier épisode Bobby Fischer y est mentionné), un bon descriptif de notre jeu-sport et de son environnement. Il est très agréable à lire ; je me suis régalé ! J’ai particulièrement apprécié le parallèle avec les types de romans, l’idée intéressante de la prise du roi en Irak qui n’arrête pas la guerre pour autant, l’extension de la réflexion via le jeu de go… Je le recommande à tous ceux qui veulent découvrir « les multiples facettes de ce jeu extraordinaire » comme le suggèrent Joël Lautier et Jean-Claude Moingt dans la préface. Il est disponible depuis le 10 janvier 2005 dans toutes les librairies comme tous les Que sais-je ? pour un prix modique. Pourquoi hésiter ? Merci Mr Maufras, et bonne continuation. Frédéric Bavinckhove pour www.echecsplus.com |
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